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>>Valeurs & Arguments

//le nombre & l’échelle

Cette rubrique devrait être rebaptisée Chiffres... Hasard éditorial, c’est presque toujours dans ces 4 dernières colonnes que l’on étale nombres, valeurs, tendances et pourcentages. Et souvent sur les mêmes thématiques, prix, quantités ou volumes. Et pourtant, comme chaque fois, nous veillons à vous épargner «l’argumentaire statistiques». La fièvre du culte du résultat, le virus de la culture du chiffre ne se sont pas emparés de nous durant l’été.
Sans parler de «droit de suite», il convient quand même de reparler du prix des caisses et des plateaux. Ceux-là même que nous avions prévus d’augmenter l’hiver dernier.
Clairement, on ne va pas faire durer plus longtemps un faux suspense, car vous l’avez sûrement déjà constaté, ils ont augmenté. Nous n’avons pas pu reporter l’inéluctable hausse d’une saison supplémentaire.
Normalement, c’est le moment où l’on doit évoquer les détails précis qui ont conduit à cette augmentation vertigineuse. C’est le paragraphe au cours duquel on convoque le taux d’inflation en France depuis octobre 2014, début de la saison 19 depuis laquelle le prix de la caisse était à 32 €. C’est dans ces mêmes lignes que l’on invoque dans un joyeux désordre et une folle imprécision le prix du pétrole, du gasoil, des péages et jusqu’aux perspectives gouvernementales (encore floues) d’harmonisation des taxes entre les différents types de carburants. On surenchérit en mentionnant l’augmentation règlementaire des salaires, la hausse des taxes en tout genre, la mutuelle d’entreprise obligatoire et même l’inflation normative invariablement venue de Bruxelles. Et si jamais cela ne suffit pas, on tape délicatement sur le modèle économique allemand et les disparités qu’il engendre avec la France ainsi que le reste de la zone Euro...
Le tout avec grandiloquence mais dans un tintamarre de mauvaise foi.
Si nous exécutions cette pantomime expiatoire avec méthodologie et application, nous serions déjà à la fin de la quatrième colonne et nous n’aurions rien dit de plus. En revanche nous en aurions dit en trop car, à coup sûr, l’Allemagne n’y est pour rien. Et pas certain que la faute puisse retomber lourdement sur l’UE.


Alors, oui, caisses et plateaux ont augmenté de 2 centimes par kilo. C’est moins que l’inflation depuis 2014 et même un peu moins que celle depuis septembre 2016... Mais là encore, l’inflation à proprement parlé n’a pas grand chose à se reprocher dans cette décision. La caisse retrouve son prix de la saison 18, hiver 2013/14. On ne se consolera pas non plus en affirmant que si nous avions augmenté de 10 centimes par an depuis 2015, nous serions parvenus à une tarification identique. Nous relevons nos prix parce que les producteurs les avaient déjà revu à la hausse et... parce qu’il vient un moment où il en va aussi de la crédibilité de l’échange. Tout fluctue, tout change et tout varie, sauf les oranges de Sicile distribuées par Onélia. Monolithe sur fond bleu nuit dans le crépuscule de l’autosatisfaction arrosée au goutte-à-goutte d’eau de mer. Un peu de sérieux ! La force des échanges entre la Sicile et la France ne mérite pas ce tableau aux couleurs criardes et aux traits grotesques. La fidélité et l’engagement dont vous faites preuve au fil des ans ne peuvent se laisser bercer, pour ne pas dire berner par quelques arguties d’économiste de comptoir !
Les esprits chagrins pourraient nous rétorquer que cette hausse tombe mal. En soi, ils ont raison, une hausse ne tombe jamais bien quand elle ne s’inscrit pas aux crédits. La saison où Onélia passe à 2 tours, elle révise les tarifs à la hausse. Mauvais calcul... en terme d’image! Elle va vendre moins de caisses mais veut gagner pareil...
Mauvais procès.
Nous aurions du mal à nous regarder dans la glace, mais nous aimerions bien vous répondre, que oui, bien sûr, ce n’est rien d’autre qu’un odieux appât du gain qui justifie cette somme. Toujours soucieux de remplir la colonne de nos crédits... Il est certain qu’en y mettant toute notre conviction, nous finirions peut-être par vous convaincre.
Évidemment, vous aurez compris qu’il n’en est rien. Nous n’allons pas reprendre le cours de l’argumentaire de bistrot dénoncé plus haut. La valeur de la matière première Oranges de Sicile, ainsi que celles des emballages bois (caisses, plateaux) et aussi d’autres frais comme le transport depuis la Sicile se sont renforcées. Nous avons contenu cette progression aussi longtemps que possible... C’est tout. C’est simple. Inutile d’être commissaire aux comptes ou contrôleur de gestion pour comprendre. Nous souhaiterions tellement pouvoir distribuer ces oranges à 99 centimes le kilo comme tous les bons supermarchés. Or nous savons de tous les côtés de l’échange que ce ne serait jamais dans des conditions identiques. Pour personne. Aussi bien là-bas qu’ici. Nous attachons une trop grande valeur à l’Humain pour la comptabiliser en euros. Imposer une servitude économique à tous les acteurs qui interviennent en amont, de la production à la logistique, est une chose qui ne nous viendrait même pas à l’idée. Quand bien même nous tenterions «l’expérience», il y a fort à parier que nous ne saurions pas le faire avec le «bon» mépris et l’arrogance «adéquate». Nous le disons souvent, nous sommes vendeurs mais aussi consommateurs et à ce titre nous apprécions aussi les prix bas, mais pas quand la bassesse les précède. Depuis bientôt 22 saisons, Onélia s’emploie à valoriser l’Humain, récompenser le travail et restaurer la dignité. C’est un peu tout cela le Service en version originale qui nous fait vibrer depuis deux décennies. .■

 

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