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>>l'équation oranges

//s'accrocher aux branches

A l’heure ou certains se questionnent encore sur la réalité des changements climatiques, voire sur leurs origines, nous, à notre petit niveau, ne pouvons qu’amèrement constater ses effets.
A savoir, cela fait déjà plusieurs hivers que la fin de saison est compliquée pour ne pas dire gâchée par le manque de tenue des fruits livrés. Beaucoup de perte en peu de temps. Si nous pensions avoir touché le fond en février 2016 avec l’hiver doux et humide qui s’était abattu sur Ribéra, causant tant de gâchis et autant d’insatisfactions, cette 21e saison a dépassé le fond ! Alors oui, bien-sûr, nous l’avons déjà dit et répété à maintes reprises, les oranges ne sont pas un produit manufacturé dont la production est assurée par des robots dociles et automatisés, dans une usine aseptisée, à l’abri des aléas extérieurs. Non. Comme tout autre produit de la terre, les oranges sont en plein air, cultivées par des hommes et des femmes passionnés, certes, mais qui font ce qu’ils peuvent contre tous les aléas auxquels leur terroir est soumis. Et l’origine d’un bon nombre de ses aléas est bel et bien l’évolution climatique découlant de cette hausse régulière des températures moyennes, d’après les experts en la matière.
Après la douceur humide de l’hiver 2015/16, il y a eu cette saison une période de baisse importante des températures fin janvier qui a fragilisé les fruits en cours de mûrissement. Cet épisode aurait pu être «encaissé» par les oranges s’il n’avait pas été suivi d’une période de redoux extrêmement pluvieux. Malheureusement, le pronostic pour un organisme fragile dans un environnement défavorable est rarement optimiste dans la durée. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. La fragilité dans la durée, donc la conservation. Cueillies et consommées immédiatement, les oranges soumises à cet enchainement météo ne présentaient aucun défaut de goût et d’aspect. Mais quelques jours après la récolte, il n’en allait pas de même. Les fruits se gâtaient presque à vue d’œil, tant à l’air libre que sous température dirigée. Et comme l’année passée, les fruits de fin de saison, donc les plus mûrs, ont été les plus touchés... conséquence directe et immédiate, les arrivages d’oranges de fin février 2017 ont été de piètre qualité avant d’être tout bonnement interrompus. Oui, vous avez bien lu : interrompus. Plus d’oranges alors que de nombreux clients étaient en attente de leurs livraisons de février. Sans épiloguer sur les raisons, le changement climatique a interrompu la saison 21 quelques 4 000 caisses plus tôt que prévu. Douche froide, quand notre régisseur sicilien nous a informés de son incapacité à honorer l’intégralité des commandes. Une première en 21 hivers d’échanges entre la Sicile et la France. Par ailleurs, une situation inédite de mémoire de producteur...
Après plusieurs fins de saison compliquées, une saison 20 qui touche le fond et une 21e qui va au-delà du fond (si, c’est possible!), nous avons fait un peu d’historique, de rétrospective. La conclusion de nos investigations statistiques est sans appel : les plus grosses difficultés se concentrent sur les oranges de la dernière quinzaine de jours de la saison. Après le 20 février, généralement. Cela ne veut pas dire que tout est rose, ou orange en l’occurrence, jusqu’à cette date, mais que les choses ont une fâcheuse tendance à empirer après. Si les difficultés apparaissent avant, elles ont statistiquement très peu de chance de se résorber après. Donc la conclusion à tout cela, que nous tirons conjointement avec nos amis et producteurs siciliens, est qu’il ne faudrait plus livrer après le 20 février, environ.
La conclusion est simple.
La mise en œuvre un peu moins.
Après la rétrospective, la prospective.
Au-delà du climat que nous ne maitrisons pas, en février nous avons à gérer la subtilité du calendrier, avec les vacances scolaires. Gestion subtile qui est elle-même largement conditionnée par le calendrier scolaire de la période des fêtes de fin d’année. Moins compliqué que contraignant, mais rien d’insoluble... pour autant que d’autres paramètres ne s’ajoutent à l’équation. L’équation d’une saison d’oranges se résume assez simplement par la formule suivante : «3 commandes = 3 livraisons - (vacances scolaires A, B, C) < +/- 20 février». Ce n’est pas vraiment des maths, mais cela résume bien les 3 commandes et les 3 livraisons qui en découlent, en dehors des périodes de vacances scolaires par zones académiques, le tout conclu avant le 20 février environ. Pour la saison 22, le résultat de cette «équation» est {}. Ensemble vide. Cela ne veut pas dire qu’il n’y aura pas d’oranges. Mais qu’en ces termes l’équation reste insoluble. Et le paramètre qui pose problème est le dernier introduit, avant le 20 février. Notre prospective de la saison 22 est dramatique en la matière. Pour faire les trois livraisons hivernales, le calendrier scolaire place le début du dernier tour le 19 février, pour une distribution qui s’étale jusqu’au 10 mars. Précisons que la distribution de janvier ne débuterait que le 15 pour s’achever le 3 février. Tout cela est irréaliste pour ne pas dire irrationnel.
Puisque nous ne pouvons envisager 3 tours dans ces conditions, nous arrivons à l’impensable, mais inéluctable conclusion : pas de troisième livraison lors de la saison 22. Un premier tour comme d’habitude de fin novembre jusqu’aux vacances de Noël puis un second tour du 22 janvier au 15 février. Une solution qui peut apparaitre radicale, mais qui est guidée par notre souci commun (Onélia & producteurs) de votre satisfaction (clients & consommateurs). Conscients que ce n’est plaisant pour personnes d’expédier, de livrer ou de recevoir des fruits qui ne sont pas à la hauteur des ambitions, des promesses ou des attentes.
Enfin, si cette décision s’applique à la saison 22, il est encore trop tôt pour dire si elle sera reconduite, étendue ou abandonnée pour la saison 23 et les suivantes.

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